Prix littéraire France-Québec 2011

Compte-rendu de la rencontre-discussion autour du Prix littéraire 2011

 

 

Chaque année, ce prix est l’occasion de découvrir des auteurs Québécois et aussi de partager les points de vue sur les trois ouvrages proposés par France-Québec.

 

A l’initiative de GGQ et avec l’aimable collaboration de la médiathèque, une rencontre-discussion s’est tenue pour la première fois, le samedi 2 décembre 2011 à Astaffort Certes, les participants ne furent pas très nombreux (Peut-être à cause du Téléthon … ?) mais tous les présents ont eu beaucoup de plaisir à échanger leurs avis, leurs impressions, les raisons de leur choix au moment du vote. Des informations glanées sur Internet, le récit d’expériences personnelles vécues lors de séjours au Québec, sont venus enrichir le débat. L’évocation ou la relecture de passages ont permis à tous de se replonger avec bonheur dans l’atmosphère de chacun des livres, d’en savourer le style ou de redécouvrir des détails oubliés.

 

De l’avis général, la sélection de cette année a suscité plus d’enthousiasme que celle de l’année dernière. Chacun des livres offrait une image différente du Québec actuel. A cet intérêt culturel s’ajoutait aussi le plaisir de suivre au fil des pages des personnages attachants et de partager leur vécu.

 

Le livre de Lucie Lachapelle –Rivière Mékiskan- a suscité de nombreuses réactions et interrogations : le cheminement de l’héroïne Alice en quête de ses racines, sa découverte du monde amérindien, l’évocation de la vie dans les réserves, les traditions, la nature mais aussi d’autres réalités plus dérangeantes : l’alcoolisme, la déchéance, la brutalité des Blancs, le choc des cultures et la difficulté de cohabiter.

Nul doute que le thème traité est d’actualité et que Lucie Lachapelle de par sa formation et son vécu – elle vit en Abitibi et connaît bien les Indiens Cris – pourrait apporter de nombreuses réponses aux questions soulevées. En mars 2012,viendra-t-elle à Astaffort comme Michèle Plomer, au printemps dernier ? On en doute. Mais peut-être dans une ville du Sud-ouest pas trop éloignée. Déjà, l’idée de pouvoir la rencontrer suscite un grand intérêt parmi les lecteurs présents, avides d’en savoir plus.

 

La discussion se poursuit. Loin des forêts profondes, de cette nature intacte et vivifiante propice au shamanisme et au surnaturel, «  La Petite et le vieux » nous entraîne dans un Montréal inconnu, le quartier de Limoilou pauvre et délaissé que sillonne une fillette de 8 ans – Hélène/ ou Jo selon les moments- qui jette un regard plein de tendresse sur les « désinstitutionnalisés » qui l’entourent. Difficile passage de l’enfance à l’âge adulte, acceptation de soi, incertitudes. Courage aussi d’une âme exaltée, désireuse d’accomplir au quotidien des prouesses semblables à celles de son héroïne préférée de série télévisée : Lady Oscar. Portrait touchant d’une mère qui se bat et cache son amour sous un abord sévère et autoritaire. Aucun misérabilisme dans l’évocation des dures réalités de la vie à Montréal dans les années 80 mais au contraire, un souci constant de légèreté et de délicatesse. Un livre qui résonne en chacun des lecteurs et dont l’authenticité est renforcée par les dialogues- parfois difficiles à comprendre pour nous, lecteurs Français, par le vocabulaire et les tournures employées. « Un livre qui goûte mon enfance » a écrit une lectrice québécoise : on ne s’étonne plus que ce premier roman d’une jeune écrivaine de 37 ans ait connu un vif succès au Québec cette année.

 

Pour finir, des réactions très partagées sur le livre de Hélène Vachon , « Attraction terrestre ». D’abord, pourquoi ce titre, s’est-on demandé ? Et puis l’histoire a de quoi déstabiliser : faire se rencontrer un thanatopracteur (un embaumeur) qui « plane » constamment et un pianiste « en voie de décomposition » affligé d’un coup de trois maladies graves, tous deux entourés de personnages tous plus excentriques les uns que les autres avait de quoi dérouter au premier abord ou même susciter le rejet par des détails réalistes, parfois un brin sordides… Et pourtant, diront les autres, au fil des pages, au fil des mots, quelle inventivité, quel style, quelle prouesse d’avoir pu ainsi se faire côtoyer humour noir et humanisme, de susciter tour à tour chez le lecteur, la gravité de la réflexion sur la vie, la mort, les liens qui nous unissent et les éclats de rire les plus libérateurs dans les situations les plus cocasses. Un monde bien particulier qu’il est difficile de résumer en quelques phrases et où certains ont plongé avec bonheur. Un seul bémol cependant remarque-t-on : rien n’y rappelle le Québec. Mais un avis unanime : c’est le livre le plus « littéraire » de la sélection de cette année et beaucoup l’ont « savouré ».

 

Midi ! L’heure de quitter les livres et de revenir au quotidien. Chacun est ressorti heureux de cet échange convivial. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine, si possible un peu plus tôt dans le calendrier (fin octobre/ début novembre) dès la publication des résultats.

 

Merci à tous.

POUR SON ROMAN

 RIVIÈRE MEKISKAN,

LUCIE LACHAPELLE,

LAURÉATE 2011 DU « PRIX LITTÉRAIRE FRANCE-QUÉBEC »

 

Jeudi 27 octobre 2011 - Le Prix littéraire France-Québec 2011 est attribué à Lucie Lachapelle pour son roman Rivière Mékiskan, publié au Québec en 2010 aux Editions XYZ.

Ce prix a été décerné par plus de 500 lecteurs du réseau France-Québec dans 34 Régionales. Rivière

Mékiskan était en compétition avec La petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie (XYZ) et Attraction terrestre de Hélène Vachon (Alto).

Doté d’une bourse de 5000€, le prix France-Québec sera remis en mars prochain par le Délégué général du Québec à Paris, M. Michel Robitaille, lors d’une cérémonie officielle. La lauréate effectuera ensuite une tournée organisée à travers la France par le réseau de l’Association France-Québec. Le Prix littéraire France-Québec est une initiative de l’Association France-Québec bénéficiant du soutien du ministère des Relations internationales du Québec, du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, de l’Association internationale des études québécoises, du Consulat général de France à Québec et de la Délégation générale du Québec à Paris. Son objectif est de contribuer à la promotion en France des romans publiés au Québec et de favoriser la rencontre entre les auteurs québécois et les lecteurs français.

Réalisatrice et écrivaine, Lucie Lachapelle offre à travers son premier roman un récit initiatique à la fois sensible et troublant. La Rivière Mékiskan transporte le lecteur dans la réalité d’une jeune métisse en quête d’identité qui, à la mort de son père, revient sur les traces de ses origines autochtones. « Je m’intéresse aux rapports de l’être avec le monde qui l’entoure, à l’histoire, au destin, aux rencontres de cultures », dévoile l’auteure qui perçoit l’écriture comme un moyen « d’aborder des histoires porteuses de sens et de les articuler avec liberté et créativité ».

 

Blog de Lucie Lachapelle

Au niveau des votes enregistré par GGQ, l'ouvrage "Rivière Mékiskan" arrive en tête...

 

Rivière Mékiskan (éditions XYZ) : un titre qui incite au voyage vers les grands espaces et les forêts profondes du Québec tout en suivant l’itinéraire d’Alice, une jeune Montréalaise dont le père est Amérindien, poussée par les circonstances à revenir à ses racines et à accepter un héritage familial et culturel jusqu’alors lourd à assumer.

 

Pour cette histoire attachante et profondément ancrée dans la réalité québécoise, Lucie Lachapelle a obtenu le plus de voix lors du dépouillement du Prix des Lecteurs France Québec, organisé localement et pour la 2è année consécutive par l’association Astaffortaise Guyenne Gascogne-Québec. Rivière Mékiskan devance ainsi largement les deux autres titres retenus cette année : Attraction terrestre (Hélène Vachon) et La Petite et le vieux ( Marie-Renée Lavoie).

 

En sera -t-il de même dans les autres Régionales ? Le résultat final sera communiqué début novembre par France-Québec. En attendant, tous les lecteurs désireux de savourer de belles pages québécoises peuvent trouver ces trois ouvrages à Agen (Libraire Martin Delbert), au musée école de Lamarque ainsi qu’aux médiathèques d’Astaffort et du Passage d’Agen que les organisateurs remercient chaleureusement pour leur adhésion amicale et efficace à ce projet qui nous rapproche chaque année davantage de la « Belle Province ».

DEPOUILLEMENT- PRIX LITTERAIRE FRANCE -QUEBEC 2011

 

 

 

     GGQ

(interne)

M. Richon

(Lamarque)

   Passage

   D’Agen            

Astaffort

M.Delbert

Total

Rivière Mékiskan

2

2

9

9

0

22

La Petite et le vieux

0

1

1

3

0

5

Attraction terrestre

2

2

2

4

0

10

Nombre de votants

4

5

12

16

0

37

Adhérents GGQ

4

1

2

9

0

16

Cette année plusieurs partenaires ont répondu présents, à ce jour, vous pourrez trouver les ouvrages dans les points de lecture suivants :

Médiathèque d'Astaffort

Médiathèque du Passage d'Agen

Musée école de Lamarque à Lagruere

Médiathèque de Lectoure (32)

 

Voici les ouvrages en concours pour la finale 2011, date limite des votes le 30 septembre :

Rivière Mékistan de Lucie Lachapelle

 

Résumé : Alice rapporte les cendres de son père amériendien à Mékiskan, un village perdu à douze heures de train de Montréal. Là elle découvre un monde où coexistent difficilement traditions amérindiennes et mode de vie des Blancs, où la forêt a été mutilée par les coupes à blanc, où les jeunes risquent fort de devenir délinquants et alcooliques, quand ils ne suicident pas, mais un monde, aussi, peuplé de gens fort attachants tels la vieille Lucy, une cousine de sa grand-mère, et ses petits-enfants. Alice en sera à jamais transformée.

Attraction terrestre de Hélène Vachon

 

Résumé : L’un est embaumeur, fils de médecin qui, à défaut de pouvoir soigner les vivants, s’est engagé à soigner les morts. L’autre est un pianiste malade qui partage sa solitude avec les spectres d’une gloire passée. Le premier habite un immeuble où logent plein de choses tranquilles, des centenaires qui ont la manie de l’autobiographie. Le second se cloître dans une maison austère où même le soleil refuse d’entrer. L’un hésite entre deux femmes. L’autre, entre emphysème, polyarthrite rhumatoïde et parkinson. L’un rêve, l’autre tremble. La rencontre est inévitable.

Le jour où notre croque-mort philosophe égare le mystérieux manuscrit d’un locataire, le pianiste le récupère de justesse. Commence alors un chassé-croisé qui les mènera du port au café, du café au parc, du parc à la maison sans soleil puis au piano où l’amour, la vie, la mort et tout le reste régleront leurs comptes.

Pétri d’humour fin, d’absurde, d’une tendresse généreuse pour les vivants et les disparus, Attraction terrestre célèbre à sa façon le bonheur d’exister sur terre.

La petite et le vieux de Marie -Renée Lavoie

 

Résumé : Elle se nomme Hélène, mais se fait appeler Joe parce qu’elle veut vivre en garçon comme lady Oscar, son héroïne de dessins animés préférés qui est le capitaine de la garde rapprochée de Marie-Antoinette. Comme elle, elle aimerait vivre à une autre époque et réaliser de grands exploits, car elle a l’âme romantique et un imaginaire avide de grands drames. Mais elle doit se contenter de passer les journaux, puis de travailler comme serveuse dans une salle de bingo. Après tout, au début du roman, elle n’a que huit ans, même si elle prétend en avoir dix.

Hélène a trois sœurs, un père très occupé à être malheureux et une mère compréhensive mais stricte qui ponctue ses phrases d’un «C’é toute» sans réplique. Elle vit dans un quartier populaire peuplé de gens souvent colorés dont le plus attachant est sans nul doute son nouveau voisin, Monsieur Roger, un vieil homme qui rêve de mourir. Il passe ses journées à boire de la bière, mais il accourt dès qu’on a besoin de lui. Hélène et lui développent une amitié indéfectible.